Wednesday, April 25, 2018

ET DEMAIN, QUI VA ALIMENTER NOS IMAGINAIRES ROUTIERS ?


Qui aujourd'hui produit un discours cohérent sur la route en dehors des constructeurs automobiles ?

Qui aujourd'hui produit un discours cohérent sur la réalité du voyage en voiture aujourd'hui ?

Et si c'était aussi McDo ?

Qui, demain, va produire un discours sur la voiture autonome et le fait qu'elle sera plus une voiture mais une vraie pièce à vivre sur roulettes ?

Et ca serait quoi une voiture autonome McDo ?

Une machine à manger ?

Une machine à obésité ? 

Voir, "À société toujours plus mobile, corps toujours plus sédentaires ?"

Monday, April 23, 2018

ET SI ON PASSAIT DE MICHEL VAILLANT À BEN HUR ?

C'est quoi faire de la prospective ? C'est essayer de penser le futur.

C'est quoi faire de la prospective chez Transit-City ? C'est évidemment aussi essayer de penser le futur en interrogeant notamment les modèles dominants ou émergents présentés comme des évidences.

La voiture électrique fait partie de ces évidences devenue ... évidente. Même ceux qui étaient contre et qui n'y croyaient absolument pas, comme beaucoup chez notre client Renault, s'y sont convertis.

Donc la voiture électrique est devenue une solution technique crédible (et on va pas s'en plaindre), reste à en convaincre une bonne part de la population dubitative sur ses capacités d'autonomie et de puissance.

C'est pour répondre ce défi, qu'a été lancé en 2014 le circuit de E-Formula, copie de la Formule 1 mais avec des engins dotés de moteurs électriques et dont les courses se déroulent en coeur de ville - Le prochain aura lieu à Paris, le 28 avril - .

C'est l'affiche de ce Paris E-Prix qui illustre le début de ce post.

Cette affiche est une caricature visant à essayer de faire croire que faire rouler des voitures à plus de 250 km/h en ville n'est pas une énorme connerie au simple prétexte qu'elles sont électriques. C'est pour cela qu'on y a mis une bouche de métro et des plaques de rues parisiennes (voir ci-dessous)

C'est évidemment pitoyable.

C'est pitoyable car c'est moche, grotesque mais c'est surtout scandaleux, ce E-Prix n'étant qu'une apologie de la vitesse automobile en ville et donc une apologie de la violence routière.

C'est pitoyable car ce E-Prix relève d'un imaginaire totalement usé et dépassé, celui de la F 1 dont, d'une certaine façon, les fameuses BD de "Michel Vaillant" furent les porteuses y a une vingtaine d'années avec notamment l'album "300 à l'heure dans Paris" paru en 1983.

En 2016, Michel Vaillant revenait dans Paris avec l'album "Renaissance", nouvelle apologie de la course en ville, la seule différence étant que les "vroaw" et les "rooaar" ont été remplacé par des "wrii" et "driuuu", moteur électrique oblige.

On comprend que les constructeurs automobiles aient trouvé cet album formidable - voir, .

On s'étonne plus que la mairie de Paris soit disant en lutte contre l'envahissement automobile, défende une telle apologie de la violence routière, voir, . De façon incroyable, seuls les écologistes semblent avoir compris le scandale et l'aberration de cette course (). Mais, bon....

Une fois considéré que ce E-Prix est juste une vaste escroquerie intellectuelle tentant de faire croire que la violence automobile serait moindre avec un moteur électrique, on peut se demander comment Paris pourrait réellement servir de cadre à de nouveaux types de défis sportifs capables de renouveler les imaginaires de la mobilité urbaine.

La question pourrait être : quelle serait la compétition qui pourrait inciter à repenser la mobilité parisienne à l'horizon de 2025 ? Un peu à l'image de ce que pourrait faire le Tour de France cycliste - .

Pour essayer de répondre à cette question, et dans la lignée des réflexions conduites dans le cadre de notre Horse mobility lab, nous nous sommes inspirés d'une autre affiche parisienne, celle du "Prix de l'Arc de Triomphe" ci-dessous.

Nous sommes partis du principe qu'il y avait dans cette image des chevaux galopant un imaginaire sportif à réinventer autour du cheval au coeur de Paris, un peu à l'image de ce que pourrait faire le Tour de France cycliste - .

L'un des modèles pourrait être le fameux Palio de Sienne.

Un autre modèle, plus violent, pourrait être la réintroduction des courses de chars à la romaine. La mairie de Paris y retrouverait ses petits avec des bolides non polluants et neutre sur le plan cartonne.

Le modèle pourrait alors être la figure de "Ben Hur".

En passant ainsi de Michel Vaillant à Ben Hur, on s'ouvre les portes d'une réflexion neuve.

On se nourrit des imaginaires de notre pop culture pour imaginer des futurs plus disruptifs - voir "Fiction Cities".

On se force à imaginer la mobilité urbaine, écologiste et sportive autrement.


On s'oblige aussi à se replonger dans l'histoire - en l'occurence celle de l'antiquité romaine, mais pas que - pour essayer de penser un peu différemment.

Bref, on essaie de faire de la prospective de façon un peu décalée pour renouveler nos références. 

Sur la figure de l'hippodrome pour penser demain, voir "Run fast, live low", l'hippodrome comme modèle urbain ?"

Et pour ceux qui n'aiment pas Ben Hur mais adorent "Alix", voir le slide ci-dessous.


On reviendra sur ce thème des nouveaux imaginaires sportifs urbains, le 8 juin prochain à l'occasion de l'Atelier Transit City organisé autour de la question "Et si les révolutions du sport entrainaient une vraie mutation urbaine ?"

ET SI LES VILLES PROPOSAIENT DES CHEVAUX EN LIBRE SERVICE ?


Pour prolonger nos récents posts sur l'idée de réintroduire le cheval en ville -  et -, je voulais vous proposer ces deux photos d'une opération menée par Equidia autour de l'hypothèse qu'après Vélib et Autolib, Paris pour se doter d'un service de chevaux en libre service ().

Une idée aujourd'hui assez utopique, mais qui a le mérite d'interroger nos modèles de mobilités urbaines actuelles autour de nouvelles questions inédites.

Parmi les questions possible : ça pourrait ressembler à quoi une station de Chevalib ?

Au delà des nouveaux partages de voiries que ce service pourraient impliquer (voir "et si on réinventait les allées cavalières ?"), Chevalib voudrait, en effet, aussi dire la création d'un nouveau genre de stations de services équestres sous la forme a minima d'abreuvoirs (ci-dessous à Paris et à Londres au début du XX° siècles)

Mais Chevalib, ça serait aussi potentiellement de nouvelles escales au service du bien-être animal, notamment sous de points d'eau permettant aux chevaux de se baigner le long des fleuves à l'image de ce qui existait sous certains ponts parisiens (photo et gravure ci-dessous


On aurait donc avec un Chevalib une occasion exceptionnelle de réinterroger nos espaces urbains et les différents équipements notamment aquatiques (fontaine, abreuvoir...) qui pourraient y être associées.

Il ne manque aujourd'hui qu'une seule chose : celle des villes de vouloir vraiment innover en cassant les modes de pensée dominants.

Thursday, April 19, 2018

"RUN FAST, LIVE SLOW", L'HIPPODROME COMME MODÈLE URBAIN ?

Dans le cadre de notre Horse Mobility lab, et après la figure des allées cavalières pour essayer de penser les mobilités urbaines de façon un peu décalée - voir,  -, je voudrais prendre la figure l'hippodrome pour poursuivre la réflexion.

Il y a de nombreuses façons de penser et de réfléchir à l'hippodrome.

De façon la plus évidente, on peut le prendre comme un simple champ de course pour les chevaux, c'est à dire comme un monde clos coupé des réalités urbaines contemporaines.

A l'inverse, on peut le prendre comme une figure capable de bouleverser notre vision de la ville - voir, "les toits comme hippodrome ultime ?"

Entre ces deux extrêmes, il y a aussi la possibilité de penser l'hippodrome comme un lieu urbain capable de régénérer notre façon de penser.



L'un des meilleurs exemples est le Horsetopia imaginé par AO Architecture dans le cadre d'une compétition pour un horse park à Yengcheon en Corée du Sud associant champ de course et activités équestres pour tous - voir, .



Ce qui m'intéresse dans ce projet d'Horsetopiace n'est ni le champ de course, ni les activités équestres autour, mais la signature très forte de "Run fast, live slow".

Il y a avec "Run fast, live slow", une promesse qui dépassant largement Horsetopia et qui est quasiment une promesse politique.

Il y a dans "Run fast, live slow", tous les éléments des imaginaires urbains désirables : sportivité, mobilité active, mobilité douce, nature, jardin, agriculture ...


Une nouvelle approche du sport en ville ?

Un nouveau genre de bâtiment associant vitesse, jardin, nature et urbanisme ?

Avec "Run fast, live slow", on perçoit immédiatement les initiatives innovantes dont le cheval pourrait être le porteur si on voulait bien s'y intéresser un peu plus.

La question posée par Horsetopia est donc de savoir comment cette approche "Run fast, live slow" pourrait s'appliquer concrètement en ville et permettre une approche mobilité radicalement nouvelle ?

On ne va pas répondre aujourd'hui dans ce post, mais on y reviendra le 8 juin prochain à l'occasion de l'Atelier Transit City organisé autour de la question "Et si les révolutions du sport entrainaient une vraie mutation urbaine ?"

Wednesday, April 18, 2018

ET SI ON RÉINVENTAIT LES ALLÉES CAVALIÈRES POUR PENSER DIFFÉREMMENT ?

Suite à mes récents posts sur l'idée de réintroduire le cheval en ville - voir et la - et notamment à Paris (), un certain nombre de personnes m'ont expliqué que le revêtement actuel de nos rues était une véritable souffrance pour les chevaux.

Face à ces remarques, j'avais deux possibilités.

Soit me dire que mon idée de réintroduire le cheval en ville était une mauvaise idée et, donc, d'arrêter de réfléchir là-dessus

Soit de me dire que si c'était le revêtement des rues qui empêchait le retour du cheval, alors pourquoi ne pas repenser la voirie et son revêtement ?

J'ai évidement pris la deuxième option afin de poursuivre ma réflexion, en me demandant tout simplement pourquoi ne pourrait-on pas réinventer de nouvelles allées cavalières au coeur des villes ?

Une allée cavalière à la fin du XIX° siècle ça donnait l'image ci-dessous.

Mais une allée cavalière au début du XX° siècle ça pouvait aussi donner ci-dessous ce genre d'allées cyclable et cavalière.

Au début du XXI° siècle, et dans la lignée de l'image ci-dessus, l'allée cavalière pouvant aboutir aux aménagements ci-desous.

Si je m'intéresse à l'allée cavalière ce n'est pas pour le cheval (je n'ai strictement aucune passion équestre), mais par la capacité que celui-ci aurait à réinterroger l'espace et l'organisation de la voirie urbaine.

Mettre des chevaux dans la rue, c'est :
- ralentir le trafic,
- lutter contre la pollution,
- mettre de la nature dans la rue,
- lutter contre l'invasion de la voiture,
- lutter contre l'invasion des scooters,
- redonner de la place à la mobilité non mécanique,
- redonner de la place une certaine sportivité.

Bref, mettre des chevaux dans la rue c'est engager une démarche innovante dans laquelle on aurait tout à gagner pour penser et, surtout, pour agir différemment en faveur des mobilités urbaines douces et actives.

On poursuit la réflexion dans notre prochain post avec la question "Et si l'hippodrome devenait un modèle urbain ?"

Ce post peut aussi renvoyer vers :
- "Quand le mouton permet de penser différemment."
- "Moutons, vaches et tracteurs : les futurs hyper-modernes ?"

Tuesday, April 17, 2018

ET SI ON CHANGEAIT DE RÉFÉRENTIELS ?

Dans un récent post titré "Their imagination are constrained by tyranny of the possible", je me plaignais du manque d'imagination et d'innovation en matière d'aménagements urbains et sportifs.

Un manque d'imagination du à notre conformisme et au refus d'aller chercher d'autres référentiels urbains que ceux développés localement.

Alors je vous propose ci-dessus deux images () prouvant qu'en allant chercher un peu ailleurs, on peut faire bouger les choses en ouvrant de nouveaux futurs possibles.

Et ainsi basculer vers une approche - enfin !! - radicalement nouvelle de la ville et de ses mobilités.


On y reviendra le 8 juin prochain à l'occasion de l'Atelier Transit City organisé autour de la question "Et si les révolutions du sport entrainaient une vraie mutation urbaine ?"

Monday, April 16, 2018

ET SI LES VILLES CONFIAIENT LEUR POLITIQUE TRANS-PORT ® À NIKE ?

Jakarta est une des pires ville qui soit au monde en matière de circulation () d'embouteillages () et de pollution ().

Y faire du sport est donc une véritable gageur - rien n'est fait pour les piétons et, évidemment, encore moins pour les coureurs ou les cyclistes.

Face à cet état de fait, et afin de développer ses parts de marché dans un pays peu sensible à la course à pieds, Nike avait engagé en 2013 une campagne de communication destinée à faire comprendre qu’il fallait dorénavant faire de la place à ceux qui voulaient faire du sport.

Cette campagne Run JKT est visible .

Outre le marquage de la voirie, une multitude de defis sportifs furent lancés dans les rues et certains immeubles de haut étage, mais aussi dans certains parkings transformés en salle de gym.

Pourquoi de parler de cette opération cinq ans plus tard ? 

D’abord, pour prolonger nos récents posts - , et - sur la mutation nécessaire de penser la mobilité sous le prisme de la motricité et du sport.

Ensuit et surtout, pour saluer la capacité d’une marque a changer de façon efficace et ludique, le regard sur la mobilité et à poser de façon simple de vraies question sur la pollution et le partage de l’espace public.

Bref, à faire vite et bien, ce que de nombreux acteurs publics sont souvent incapables de faire façon rapide et surtout désirable (voir comment la mairie de Paris est en train de merder ses opérations contre la voiture à cause d’une communication maladroite, basée sur de mauvais outils et surtout incapable de rendre désirable les mobilités actives et sportives)

D'ou ma question : pourquoi ne pas confier à Nike la politique trans-sport ® des villes ?

Et par suite logique : pourquoi ne pas confier à Nike la politique trans-sport ® de Paris?

Surtout que c'est déjà Nike qui nourrit déjà depuis plusieurs décennies les imaginaires mobiles actuelle de Paris - voir ci-dessous et .

On en y reviendra le 8 juin prochain à l'occasion de l'Atelier Transit City organisé autour de la question "Et si les révolutions du sport entrainaient une vraie mutation urbaine ?"

Wednesday, April 11, 2018

TRANS-SPORT ® : C'EST QUOI LA SIGNALÉTIQUE ROUTIÈRE DEMAIN ?

Pour prolonger les deux précédents posts - et - sur les nouveaux rapports piétons / coureurs / automobilistes du fait de la banalisation du trans-sport® et du run commuting - .



La prochaine étape possible étant "Et si Reebok transformait les stations service ?"

Monday, April 09, 2018

ET SI DEMAIN, LES COUREURS S'ATTAQUAIENT AUX VOITURES ?

Si on fait le constat que la course à pied n'est plus seulement un sport, mais devient un vértaible moyen de trans-sport ® -voir, .

Si on fait l'hypothèse que cette mutation de la course à pied entraine de nouveaux rapports de force entre coureurs et voitures - voir, .

Alors...

Alors va rapidement se poser la question de la nature de ces rapports de force.

Jusque-là, les coureurs s'effaçaient devant la bagnole.

Mais demain ?

Mais si demain, le coureur passait de la soumission à la confrontation face à la voiture ?

Et si demain, le coureur n'évitait plus la voiture, mais la prenait comme un obstacle à escalader, à traverser voir à bousculer ?

Cette question nous est venue en découvrant une récente petite série de neuf films signés Nike dont sont extraites les images de ce post.

Ces neuf films - visibles  - montrent comment, progressivement, un sportif bien poli casse peu à peu les codes de la bienséance pour voir dans les objets qui sont sur parcours, non plus des obstacles à éviter mais bien à renverser, voir à attaquer.

Si on prolonge cette idée, on peut demander si ce que nous propose Nike dans ces neuf films n'est pas le début de ce qui pourrait être un nouveau style de défi sportif : celui de courir en emmerdant en maximum les voitures.

Dans les films on voit le coureur renverser les poubelles sur la route, mais il y a évidemment mille autres variantes à imaginer pour bloquer les voitures tout en s'amusant. Avec de tels défis déconnants et donc jubilatoires, les jeunes générations dopées aux jeux vidéo reviendraient peut-être vers un sport qu'ils délaissent aujourd'hui totalement. Voir sur ce sujet "Et si la course à pied ne suffisait plus à la course à pied ?"

Ces images peuvent directement renvoyer à notre précédent post, "Et si demain, il fallait ralentir les piétons augmentés ?"

On en reparle le 8 juin prochain, .