Friday, May 18, 2018

ET CES ENGINS, ON LES FAIT ROULER OÙ ?



Les images ci-dessus sont celles d'une récente campagne de la marque de vélo Specialized visant à faire respect des pistes cyclables, notamment par les motards et les chauffeurs de bus.

Cette campagne parle de deux roues.

Elle parle donc de respect pour des engins qui prennent peu de place au sol.

Mais imaginez cela ce que ça serait si de nouveaux engins comme les tricycles ou les quadricycles ci-dessous arrivaient dans nos villes.


Ces engins sont silencieux et non-polluants.

Ils ne risquent pas d'écraser et de tuer des piétons.

Ils sont donc de véritables alternatives pour penser un peu autrement la mobilité et le trans-sport ® urbain de demain, et ce tant pour les personnes que pour les biens.

Sur ce sujet, voir nos deux précédents posts :
- "Vers un trans-sport ® de marchandise ?"
- "Vers un trans-sport ® de vieux ?"

Ils sont aussi de véritables moyens de développer la mobilité active et la motri-cité ® du futur.

Mais qu'est-ce qui est pensé concrètement dans les villes pour ces engins silencieux ?

On y reviendra le 8 juin prochain lors de l'Atelier Transit City organisé autour de la question "Et si les révolutions du sport entrainaient une vraie mutation urbaine ?" 

Thursday, May 17, 2018

VERS UN TRANS-SPORT® DE VIEUX ?

Pour prolonger mon précédent post "vers un trans-sport ® de marchandise ?" sur la capacité qu'a le vélo à pouvoir répondre de façon active à un bonne part des demandes de mobilité urbaine, je voulais vous inciter à jeter un coup d'oeil sur "Cycling Without Age".

Ou quand on comprend que si l'on développait une véritable offre de mobilité pour les seniors autour du vélo, le statut de celui-ci dans les villes changerait.

Avec le vélo trois roues destiné aux seniors soit sous forme de taxi, soit d'engins individuels comme , une prise de conscience nouvelle sur les mobilités douces et actives en ville pourrait développer de façon plus sereine qu'à travers un simple combat contre les voitures.

Le regard des automobilistes et des motards changerait. 

Le regards et la réflexion des élus changeraient.

Cela permettrait de sortir le vélo trois roues de l'image "promène touristes".

Et on aurait peut-être enfin une voirie pensée et aménagée pour les vélos de 2 ou 3 roues.

Mais penser trois roues, ça serait aussi un moyen de mettre de façon massive dans les rues des engins modulaires, ligth et low tech favorisant une vraie mobilité active - voir, , entre autres.

Cette approche renvoie à "Micromachins & light Mobility".

Et sur les vieux comme initiateurs de nouvelles mobilités, voir :

On y reviendra forcément le 8 juin prochain, .

Wednesday, May 16, 2018

VERS UN TRANS-SPORT® DE MARCHANDISE ?

Pour prolonger le précédent post "Et si Adidas devenait une compagnie de coursiers, ça pourrait changer quoi ?,  sur la capacité des marques de sport a réenchanter certains secteurs de la mobilité urbaine autour des notions de performances, je voulais vous proposer ces quatre photos.

Ces quatre photos viennent de la société munichoise Hinterher. 

Elles montrent une chose, une seule : que le vélo pourrait très bien devenir un axe fort du transport de marchandise et de livraison urbaine dans les années qui viennent si les villes se donnaient la peine de créer les conditions pour.

Elles montrent aussi que la notion de Trans-sport ® que chez Transit-City nous souhaitons développer pour penser la mobilité des personnes  -  -, pourrait s'appliquer aux transport de biens même assez lourds et volumineux avec la notion de Trans-sport ® de marchandise. 

Une jeu sémantique qui aurait le mérite d'inciter à un décalage du regard et donc à une notre façon de penser la logistique demain.

On en reparle le vendredi 8 juin prochain,.

Tuesday, May 15, 2018

ET SI ADIDAS DEVENAIT UNE COMPAGNIE DE COURSIERS, ÇA POURRAIT CHANGER QUOI ?

Avec l'explosion du commerce sur internet, la livraison urbaine et la question du dernier kilomètre deviennent des enjeux stratégiques pour les marques, les distributeurs et les villes.

Actuellement toute la réflexion pour résoudre ce problème, se concentre sur les nouvelles technologies (voitures autonomes, drones volants, drones roulant, trottinettes électriques pour les coursiers... ) - voir "et si Amazon...", "quand Piaggio..." et "la livraison comme révolution urbaine... et sociale"

Bref que des réponses pensée d'une façon ou d'un autre auteur d'un moteur et d'une recherche de moindre effort physique - voir "quand devra être mobile et autonome", "quand la voiture autonome réinvente le drive" et "pourquoi faire croire que l'on aura encre besoin des hommes ?"

Et si on arrêtait de chercher sous cet angle technique et forcément très énergivore ?

Et si on imaginait plutôt que c'était les marques de sport qui s'emparaient de cette question et qui devenait des entreprises de livraisons fondée sur la sportivité, la performance et surtout le zéro émission de carbone ?

Dit autrement, et si c'était une marque comme Adidas qui devenait la premier entreprise de livraison 100% écolo-sportive ?

L'idée m'est venue en découvrant une opération marketing mené par la marque à New-York durant l'été dernier - voir, .

Oublions le côté coup marketing, et regardons ce que genre d'opération pourrait vouloir dire pour penser la mobilité demain ?

Si Adidas devenait une compagnie de coursiers, cela voudrait déjà dire que les équipementiers sportifs ne se pensent plus seulement comme des marques de sports mais comme des entreprises de trans-sport ® !! 

Cette révolution Adidas a déjà commencé à la faire à Berlin en devenant partenaire de la BVG, la compagnie qui exploite le métro dans la capitale allemande - voir "Et si Adidas devenait une compagnie de trans-sport ® ?"

Demain, on peut donc très bien imaginer qu'Adidas comme Nike ou d'autres marques intègrent qu'elles sont devenues des actrices incontournables de la mobilité urbaine - voir "et si le run commuting devenait le premier trans-sport ® de masse ?- et, qu'à partir de là elles ne se pensent plus seulement comme des marques de sports mais comme des entreprises de trans-sport ® à part entière ... et donc, aussi, comme des entreprises de logistique !! 

Les marques de sport ont aujourd'hui une telle aura qu'elles pourraient amener à un vrai changement de regard sur toutes les mobilités urbaines les plus dévalorisées et donc, notamment, les courses à vélo.

Si Adidas devient compagnie de coursier, on ne verra plus un coursier à vélo ... mais un sportif professionnel ultra-performant.

Ce changement d'image autour du corps et du statut du coursier inciterait forcément à penser autrement les couloirs cyclistes en ville. Ces derniers ne seraient plus pensés et conçus comme des petites zones étroites et mal foutues, mais comme des vraies pistes de haute performance.

Le vélo ne serait plus vu comme un truc d'écolo geignard, mais comme un truc silencieux (important, le silence !!!) et ultra performant !!!


Les coursiers Adidas feraient, d'une certaine façon au quotidien, le travail que font les coureurs du Tour de France une fois par an dans les rues de Paris - voir "et si le Tour de France faisait le boulot des écolos ?"

A terme, on pourrait imaginer qu'apparaissent de nouveaux genres de vélos ultra performants comme ceux ci-dessous - .




Sur ce thème de la puissance d'imaginaire des marques de cyclisme pour penser notre futur, voir "Et si Rapha devenait une marque de trans-sport ® ?"

On en reparle, .

Monday, May 14, 2018

ET SI LE SPORT PERMETTAIT DE CHANGER RADICALEMENT LA VILLE ?

Le sport est partout.

Le sport a dévoré le monde - .

Il n’est plus un monde à part.

Il irrigue des secteurs qui lui sont a priori très éloignés.

Il est devenu un mode de vie

Il est un des grands imaginaires de ce début de XXI°siècle.

Ca veut dire quoi ?

Ca veut dire que la sport est devenu un phénomène total.

Ca veut qu’il est devenu un incontournable pour penser le monde.

Ca veut dire qu’il devient une des grilles de lecture forte pour penser notre civilisation.

Ca veut dire qu’il devient un incontournable pour penser les villes de demain.

Ca veut dire qu’il va devenir un acteur incontournable de la prospective urbaine.

Ca veut dire qu’il va falloir de plus en plus l’intégrer dans notre façon de penser l’habitat, le travail, la consommations, le transport, la santé, le corps …

Une fois que l’on a dit cela, reste à imaginer comment concrètement le sport va changer la ville demain.

C’est tout l’objet de l’Atelier Transit-City organisé le 8 juin prochain sur le thème 



On verra pourquoi penser sport, c’est penser :
- révolution de la mobilité
- révolution de l’industrie
- révolution de l’architecture
- révolution de l’urbanisme

Bref, pourquoi le sport est devenu tout à la fois, une grille de lecture de la ville, un moteur de la prospective mais aussi un vrai moteur de la révolution urbaine à venir.

Vous êtes tous les bienvenus à cet Atelier - il suffit de s'inscrire :  contact@transit-city.com

Les Ateliers Transit-City ont lieu au Pavillon de l'Arsenal 
de 8h45 à 11h
21 Bd. Morland 75004 PARIS.

Friday, May 11, 2018

LE 1111 COMME IDÉAL SPORTIF ?

Le 1111 Lincoln Road dessiné par le duo Herzog de Meuron à Miami est un bâtiment exceptionnel.

C'est un bâtiment que l'on a du mal à regarder comme un simple parking.

C'est un bâtiment que l'on regarde plutôt comme un terrain de jeu 

C'est un bâtiment que l'on se plait à imaginer comme un espace de sports urbains d'un nouveau genre.

C'est un bâtiment que l'on parcours avec en tête la question "ça serait quoi aujourd'hui, un Dowtown Athletic Club créatif ?"

Pour l'instant les activités sportives y sont rares, mais elles existent à certains moments de l'année sous forme de cours de yoga.

Les corps remplacent alors les voitures, et on se demande forcément "si les parkings devenaient les espaces sportifs du futur ?"

Mais on se demande aussi, et surtout, "pourquoi le sport en ville est-il aussi peu imaginatif ?"

On en reparle le 8 juin, .

Wednesday, May 09, 2018

ET SI LES PARKING DEVENAIENT LES ESPACES SPORTIFS DE DEMAIN ?

Au Pavillon de l'Arsenal s'est récemment ouverte une exposition intitulée "Immeubles pour automobiles". 

Son objet : la mutation possibles des parkings dans les années à venir. 

"À la fin du XIXe siècle, la région parisienne est le berceau de la révolution automobile. Le rapide et spectaculaire essor de la « voiture automobile » s’accompagne de l’apparition de nouveaux archétypes bâtis, spécifiquement conçus pour cet objet technique inédit.  
À leur âge d’or, Paris compte plus d’une centaine immeubles pour automobiles, appelés garages, hôtels pour voitures ou garages-parkings. 
Aujourd’hui, alors que moins de 35% des ménages parisiens possède une voiture, ces parkings en élévation se vident. À l’image des constructions de la modernité abandonnées, des usines des faubourgs désertées, des entrepôts désaffectés, c’est désormais la mutation du patrimoine automobile qui est d’actualité."
N'ayant pas visité l'expo, je ne vais pas vous parler dans ce post des pistes proposées pour transformer ces extraordinaires bâtiments "dont les caractéristiques propres (système structurel rationnel, simplicité des dispositifs) en font des sortes de « squelettes capables » qu’il suffira peut-être dans un lendemain très proche de re-programmer avec de nouveaux usages".

Mais on comprend assez facilement que notamment avec les voitures autonomes, les parkings sont appelés à devenir totalement autre chose dans les années qui viennent, voir entre autres "Et si les parkings devenaient des usines ?"


Par contre devant l'intitulé de l'expo, une idée de transformation possible m'est immédiatement venue : celle d'en faire des espaces d'un nouveaux genres capables d'accueillir les nouvelles pratiques sportives qui ne trouvent pas leur place dans les installations traditionnelles (stade, gymnase, salle de fitness...). 


Ces "immeubles parking" pourraient être de parfaits prolongements et, surtout, d'excellentes réponses aux pistes évoquées dans "pourquoi le sport en ville est-il aussi peu imaginatif ?"


Mais à vraie dire, la mutation de ces "immeubles pour automobiles" est déjà en cours dans l'esprit et la communication des grands équipementiers de sport.


Preuve en est, la toute récente campagne de pub d'Adidas "Run the game" dont le cadre est ... un parking à étages - film visible, .

Avec cette campagne Adidas change de braquet dans sa façon de penser au parking.

Fini le temps ou le parking n'était pensé que comme un décor (voir ci-dessous une campagne développée en Asie en 2007 ), avec "Run the game" Adidas tente réellement de s'approprier le parking pour réinventer les codes du lieu sportif idéal.



Si Nike s'est approprié le garage depuis plusieurs années - voir "Et si Nike changeait la notion de garage ?", Adidas s'accapare de façon très intelligente le parking qui par ses espaces (plateaux, rampes, toits terrasse... ) offre beaucoup plus de possibilité de développement.

Mais sur le fond, la démarche de Nike et d'Adidas est la même : se réapproprier un espace automobile - c'est à dire un espace dédié à la mécanique - pour en faire un espace dédié aux sports - c'est à dire un espace dédié au corps en mouvement. 

On pourrait y ajouter la campagne menée par Asics sur le toit du Lingotto il y a quelques mois - voir, "Vitesse : quand le corps remplace les machines".

Et on n'est pas très loin non plus, de l'hypothèse faite récemment par Reebok de transformer les stations services en salles de sport - voir, "Et si Reebok transformait les stations service en complexes sportifs ?"

Si on voulait faire simple, on pourrait même se dire que les marques de sport se sont partagées les territoires traditionnels de l'automobile comme suit : 

Cela confirme la conviction très forte que nous avons chez Transit-City, que si les XIX° et XX° siècle ont été les siècles de la mécanique, le XXI° va être celui du corps, du corps en mouvement - voir "Et si tout était prêt pour que cela bascule beaucoup plus vite qu'on ne l'imagine ?"

Évidemment, à partir de là on commence à regarder les immeubles dédiés aux voitures un peu différemment - voir ci-dessous


On est avec les planches ci-dessus au croisement de deux de nos récentes interrogations sur le sport en ville :

On en reparle le 8 juin lors du prochain Atelier Transit City organisé autour de la question "Et si les révolutions du sport entrainaient une vraie mutation urbaine ?" 

Monday, May 07, 2018

ET SI ON ARRÉTAIT DE CONSTRUIRE DES STADES ?

Un stade, c'est quoi ?

C'est une infrastructure souvent vide.

C'est une infrastructure qui est pensée pour accueillir plus de spectateurs que de pratiquants.

C'est une infrastructure qui incite à une patraque sportive dans un lieu autarcique et en générale, géré par un club.

C'est une infrastructure qui correspond au temps du sport 1, celui de la compétition - voir "Les 5 temps du sport, du corps... et de la performance".

C'est donc une infrastructure qui n'accueille aujourd'hui plus qu'une partie très minoritaire des nouvelles pratiques sportives qui se font partout... sauf dans un stade. 

Les stades comme lieu de pratiques sportives, ne sont fréquentés que par les scolaires ou les gens inscrits en clubs. Soit une petite minorité de sportifs. 

C'est vrai dans tous les pays du monde.

Mais pour les élus et les fédérations sportives de tous les pays du monde, ça reste LE lieu fantasmé symbolisant LA pratique sportive.

Et toujours pour les élus et les fédérations sportives, ça reste LE lieu censé amener ou ramener aux sports des gens qui n'en font pas ou plus.

Ce qui est faux : le stade n'attire que les sportifs ou les gens qui aiment regarder le sport.

Les grands stades ne sont pas des lieux de sports : ce sont des salles de spectacles !!! Le Nou Camp à Barcelone, c'est 22 mecs qui courent... et près de 100 000 qui sont assis !!!

D'où le titre de ce post : et si pour faciliter les pratiques sportives, on arrêtait de construire des stades ?

Et si on prenait le problème à rebours de l'idéologie dominante ?

Et si on considérait les stades comme des freins à la pratique sportive car inadaptés aux nouveaux imaginaires, aux nouvelles attentes et aux nouvelles pratiques ?

Bref, et si au lieu de mettre des millions dans les stades, on mettait des millions pour investir partout dans les villes ?


Dit autrement : et si pour remettre les gens au sport, on explosait les stades dans les villes sous la forme de multiples micro-équipements sportifs ?


Et si la référence du lieu sportif ce n'était plus le stade, mais plutôt la rue, les trottoirs, les façades, les lampadaires ?

Ca serait une façon intelligent de répondre à "... sauf que t'as pas le droit !!!"


Voir :
- "c'est quoi la future signalétique piétonne ?"
- "et si la danse devenait un trans-sport ® ?",
- "et si les feux s'adaptaient aux rythmes des coureurs ?"

Voir aussi sur ce sujet, nos récents posts, , , .


Et donc, si demain pour aider au développement des pratiques sportives, il fallait arrêter de penser grosses infrastructure et Jeux Olympiques, mais plutôt World Urban Games ?

On reviendra sur cette hypothèse et cette question, le 8 juin prochain lors de l'Atelier Transit City organisé autour de la question "Et si les révolutions du sport entrainaient une vraie mutation urbaine ?" 

Thursday, May 03, 2018

ÇA SERAIT QUOI AUJOURD'HUI, UN DOWNTOWN ATHLETIC CLUB CRÉATIF ?


Pour prolonger le précédent post - "pourquoi le sport en ville est-il aussi peu imaginatif ?" - et revenir sur la très faible créativité architecturale actuelle en matière de sport, je voulais juste rappeler qu'à une époque des sportifs bâtisseurs avaient de l'imagination et une vraie ambition urbaine.

L'un des plus beaux fleurons de cette créativité sportive-archiecturale fut le "Downtown Athletic Club" construit en 1930 à NewYork.

Un bâtiment exceptionnel, que l'on est pas obligé d'aimer extérieurement, mais qui eu le génie d'associer dans une tour un parcours de golf au 7° étage, une piscine au 12°, un jardin au 17° et une multitude de salle de boxe, de cours de cours de squash,des espaces de billards et nombreuses autres activités.

Les restaurants et les chambres d'hôtels réservés aux membres du club était installés dans les étages supérieurs.

Avec le Walldorf Astoria, le "Downtown Athletic Clubfut l'un des bâtiments qui a su rendre la hauteur désirable au début du XX° siècle, et qui permis donc à Manhattan d'inventer une nouvelle histoire urbaine à travers la hauteur et l'hyper-densité.

L'architecte Rem Koolhaas explique cela très bien dans son incontournable "Delirious New York" - plus, .
“Le Downtown Athletic Club, une tour de 160m de haut (38 étages) construite en 1931 à la pointe sud de Manhattan. 
De grands motifs abstraits de verre et de brique rendent sa façade impénétrable et presque impossible à distinguer des gratte-ciel conventionnels qui l’entourent.
Cette sérénité cache l’apothéose du gratte-ciel comme culture de la congestion. 
Le club représente la conquête achevée, étage par étage, du gratte-ciel par l’activité sociale, (…) il est un condensateur social constructiviste : une machine à engendrer et à intensifier les modes de rapports humains les plus désirables tels qu’envisagés par l’american way of life.
 
Les niveaux bas regroupent les activités sportives traditionnelles : courts de hand-ball et de squash, intercalés entre bains et vestiaires.
 
Au 7e étage terrain de golf couvert reproduisant la campagne anglaise. Extirpée dans un premier temps de la métropole, la nature ressuscite maintenant à l’intérieur du gratte-ciel, réduite à n’être plus qu’une des innombrable strate, un service technique qui apporte un peu de fraicheur dans la vie harassante des citoyens de la métropole. Le gratte-ciel a transformé la nature en super-nature. 
Au 8e étage le gymnase, au 9e ring de boxe et bar à huitres, au 10e médecine sportive, bronzage et barbier, au 11e vestiaires de la piscine du 12e. Les cinq autres niveaux sont consacrés aux repas, à la détente et aux contacts sociaux (restaurants, salons, fumoirs, bibliothèque, roof garden). 
Du 20e au dernier étage les chambres des membres du Club. A noter que l’ensemble est exclusivement masculin, les femmes ne pouvant accéder qu’au restaurant du 13e étage… 
L’ascension à l’intérieur du Downtown Athletic Club correspond à une progression dans la subtilité et l’originalité des programmes proposés par chacune des plates-formes. Dans une chorégraphie abstraite, les athlètes du bâtiment font la navette entre ses trente-huit « parcelles » en une séquence dont le fortuit dépend du seul garçon d’ascenseur - , chaque parcelle étant équipée d’un appareillage techno-psychique pour le remodelage des hommes. Une telle architecture est une manière aléatoire de « planifier » la vie elle-même. Dans la juxtaposition fantasmatique de ses activités, chacun des étages du club est un développement distinct de l’intrigue imprévisible qui exalte la soumission totale à l’instabilité définitive de la vie dans la métropole. 
Le Downtown Athletic Club apparaît être la manifestation définitive de cette métaphysique à la fois spirituelle et charnelle qui protège le mâle américain contre la corrosion de l’état adulte. Le club atteint le point où la notion d’une condition « optimale » transcende le domaine physique pour devenir cérébrale. 
C’est un incubateur pour adultes, un instrument qui permet à ses membres, trop impatients pour attendre les résultats de l’évolution, de parvenir à de nouveaux stades de maturité en se transformant en être nouveaux, cette fois ci selon leurs conceptions individuelles. 
Bastions de l’antinaturel, les gratte-ciels comme le club annoncent la ségrégation imminente de l’humanité en deux tribus : celle des Métropolitanites – littéralement self-made – qui ont su utiliser pleinement le potentiel de tout l’appareil de la modernité pour atteindre un niveau de perfection exceptionnel, et la seconde, composée seulement des restes de la race humaine traditionnelle. 
(...) Quand, dans sa publicité, le club souligne que « les vingt étages réservés aux appartements des membres dont du Downtown Athletic Club le foyer idéal pour les hommes libres de toute attache familiale et en mesure de profiter du dernier cri en matière de vie luxueuse », elle suggère ouvertement que, pour le véritable métropolitain, le célibat est le seul statut désirable. Le Downtown Athletic Club est une machine pour célibataires métropolitains que leur condition physique optimale a mis définitivement hors d’atteinte des mariées fertiles."
Le "Downtown Athletic Club" est la preuve qu'un bâtiment dédié aux sports peut avoir un vrai rôle d'innovateur urbain et architectural.

On attends toujours son équivalent en ce début de XXI° siècle à l'heure où les rapports entre le sport et la ville sont en train de se réinventer.

Et on en reparle le 8 juin lors de l'Atelier Transit City organisé autour de la question "Et si les révolutions du sport entrainaient une vraie mutation urbaine ?"