Wednesday, October 01, 2014

SYMBOLE

La très élégante couverture du New-Yorker de cette semaine. Ou quand certaines villes ont le privilège de pouvoir être symbolisées par leurs taxis.

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Tuesday, September 30, 2014

ET SI LES TAXIS NE POUVAIENT S'EN SORTIR QU'EN RÉINVENTANT L'OBJET TAXI ?

Dans mon précédent post je me demandais si les sociétés de VTC comme Lyft ou Uber pourraient amener à une nouvelle réflexion sur l'objet automobile. Cette question était née d'une récente campagne de Lyft proposant des visions très décalées d'aménagements intérieurs de voitures - voir .

Aujourd'hui j'ai eu envie de prendre le contre-pied de ma question d'hier en me demandant si les VTC n'allaient pas empêcher une nouvelle réflexion sur l'objet taxi et notamment sur son habitacle ?

Je m'explique : la véritable innovation des VTC n'est pas dans le véhicule - ce sont des voitures classiques et très traditionnelles - mais dans la mise en relation d'un "chauffeur non professionnel" avec un client. Aujourd'hui ce modèle fonctionne très bien et a ringardisé les taxis classiques. A tel point que l'on a impression aujourd'hui que la problématique du taxi se résume à une histoire d'applis sur un smart-phone.

Sauf qu'à trop insister sur ces applis, on en arrive à oublier un peu vite qu'un VTC comme un taxi cela transporte avant tout des gens et donc des corps qui ont besoin de place, de confort et éventuellement d'un certain nombre de services que n'offrent jamais les taxis comme les VTC. La seule exception notable à cette règle étant en terme d'espace les fameux taxis londoniens.

C'est d'ailleurs face à ce constat que les voitures traditionnelles était souvent peu servicielles et mal adaptées à beaucoup de demandes, que la ville de New-York avait lancé en 2007 un concours d'idées sur le taxi du futur (concours d'où sont tirés les concept cars de ce post) - voir .

C'est de ce concours d'idées qu'est sorti le nouveau taxi Nissan qui sillonnent les rues de New-York aujourd'hui - voir . C'est pas génial, ni très innovants, mais c'est mieux que rien.

Il y a deux ou trois ans, la calamiteuse G 7 avait tenté de nous faire croire qu'elle allait renouveler le taxi, on a vu le résultat : minable.

Reste que malgré toutes les faiblesses et toutes les insuffisance de ce genre de promesse, on voyait poindre là un début de semblant de réflexion sur l'habitacle du taxi.

Ma question est donc aujourd'hui : est-ce que les VTC, en mettant au coeur de leur succès la mise en relation client/chauffeur - c'est à dire une appli, plus qu'un espace - ne vont pas tuer ces débuts d'évolutions sur l'objet taxi en lui même ? Aujourd'hui un chauffeur Uber ou Lyft n'a aucun  intérêt, ni surtout aucun moyen, à faire évoluer sa voiture. 

Les VTC ont renouvelé le service taxi, pas l'objet taxi. Et cela, on ne peut que le regretter.

Et donc question incidente : Et si la meilleure réponse des compagnies de taxis aux VTC, était de réinventer l'objet taxi ?

Demain quand tout sera connecté et passera par le net, ce qui aura de la valeur c'est ce qui ne sera pas numérisable, et notamment le confort corporel. 

On en reparlera lors de notre prochain Atelier Transit-City organisé le 7 novembre prochain autour de la question "C'est quoi un taxi demain ?" - toutes les infos, .

Monday, September 29, 2014

LES VTC PEUVENT-ILS AUSSI CHANGER L'OBJET AUTOMOBILE ?

Lyft fait partie de ces sociétés qui au même titre qu'Uber ont littéralement fait explosé en à peine un an les marchés sclérosés du taxi aux Etats-Unis et en Europe.

Nous y reviendrons longuement lors de notre prochain Atelier Transit-City organisé le 7 novembre prochain autour de la question "C'est quoi un taxi demain ?" - toutes les infos, .

Cette révolution a été permise par le développement de logiciels de mise en relation entre un chauffeur et un client, mais n'a - jusque là - absolument pas remis en cause l'objet automobile en lui-même, les voitures assurant les trajets étant toute de série et ne bénéficiant d'aucun aménagement spécifique.

La question que l'on pourrait dès lors se poser serait de savoir si la prochaine étape de la révolution des VTC, ne pourrait pas se trouver dans l'évolution des voitures proposées ? 

J'avoue m'être posée cette question face à la campagne déclinée cet été par Lyft aux Etats-Unis  autour du thème "More than a ride" destinée à mettre en avant la diversité et la richesse des profils des personne proposant leur service sur ce réseau. Rappelons que Lyft se présente comme un service peer to peer et qu'aucun de "ses" chauffeurs n'est donc un chauffeur professionnel au sens où on l'entend traditionnellement. A priori la personne qui vous conduit, peut donc aussi bien être pompier, fleuriste ou astronome. On sait que dans la réalité c'est en grande partie faux, un certain nombre des personne qui offre leurs services sur le site en ont fait leur métier. Mais bon, il faut maintenir la fiction de "l'économie collaborative"...

La campagne est plutôt joliment réalisée et offre des visions évidement totalement irréalistes mais pas totalement inintéressantes de ce que pourraient être des voitures pensées autour de l'activité et des passions de ceux qui les conduisent et les utilisent - voir "Entre Crazy car et Mange bitume".

Ces images ne peuvent que nous inciter à nous demander si au lieu de nous proposer de simples trajets en voitures très banales, ces sociétés de VTC ne pourraient pas nous proposer des "voitures lits", des "voitures ateliers" ou des "voitures bureaux" ?

Bref de se montrer innovantes non plus seulement dans la mise en relation, mais aussi dans la conception même des voitures offertes afin de répondre aux nouvelles attentes et aux nouveaux imaginaires de la sociabilité automobile

On est dans la lignée de la question "Et si le car-sharing changeait le design automobile ?"

Et les pistes de réflexion ne manquent pas sur l'éclatement des modèles automobiles.

Voir par exemple sur le thème de la voiture et du travail:

- "L'embouteillage comme bureau du futur ?"
- "La voiture peut-elle devenir un vrai lieu de travail ?"
- "Vers des convois de mini-bureaux ?"
- "Tous vautrés pour travailler ?"
- "Nomadic Workers"
- "Carpooling - un autre point de vue"

On y revient très vite.

Friday, September 26, 2014

C'EST QUOI UN TAXI DEMAIN ?


Pour avoir un aperçu de la démarche de Marie-Xavière Wauquiez, il faut voir "Taxis, l'avenir en 3 D"

En attendant, vous pouvez cliquer sur "Taxi".

Et si vous voulez un peu disruption sur le sujet, vous pouvez toujours jeter un coup d'oeil sur "Taxis for the future".

Les Ateliers Transit-City ont lieu au Pavillon de l'Arsenal de 8 h 45 à 11 heures
21 Bd. Morland 75004 PARIS.
Métro : Sully Morland.

L'inscription est toujours absolument obligatoire.

Thursday, September 25, 2014

ET SI LE POST-FORDISM C'ÉTAIT UN HOMME QUI NE DORMIRA JAMAIS ?

Pour prolonger mon précédent post sur la façon dont les nouvelles technologies et les recherches conduites par les militaires changent peu à peu nos rapports au corps et à nos façons de travailler. 

"Quiconque a vécu sur la côte ouest, en Amérique du Nord, le sait sans doute : des centaines d’espèces d’oiseaux migrateurs s’envolent tous les ans à la même saison pour parcourir, du nord au sud et du sud au nord, des distances d’amplitude variable le long de ce plateau continental. L’une de ces espèces est le bruant à gorge blanche. L’automne, le trajet de ces oiseaux les mène de l’Alaska jusqu’au Nord du Mexique, d’où ils reviennent chaque printemps. À la différence de la plupart de ses congénères, cette variété de bruant possède la capacité très inhabituelle de pouvoir rester éveillée jusqu’à sept jours d’affilée en période de migration. Ce comportement saisonnier leur permet de voler ou de naviguer de nuit et de se mettre en quête de nourriture la journée sans prendre de repos. 
Ces cinq dernières années, aux États-Unis, le département de la Défense a alloué d’importantes sommes à l’étude de ces créatures. Des chercheurs de différentes universités, en particulier à Madison, dans le Wisconsin, ont bénéficié de financements publics conséquents afin d’étudier l’activité cérébrale de ces volatiles lors de leurs longues périodes de privation de sommeil, dans l’idée d’obtenir des connaissances transférables aux êtres humains. 
On voudrait des gens capables de se passer de sommeil et de rester productifs et efficaces. 
Le but, en bref, est de créer un soldat qui ne dorme pas. L’étude du bruant à gorge blanche n’est qu’une toute petite partie d’un projet plus vaste visant à s’assurer la maîtrise, au moins partielle, du sommeil humain. À l’initiative de l’Agence pour les projets de recherche avancée de défense du Pentagone (DARPA), des scientifiques mènent aujourd’hui, dans plusieurs laboratoires, des études expérimentales sur les techniques de l’insomnie, dont des essais sur des substances neurochimiques, la thérapie génique et la stimulation magnétique transcrânienne. 
L’objectif à court terme est d’élaborer des méthodes permettant à un combattant de rester opérationnel sans dormir sur une période de sept jours minimum, avec l’idée, à plus long terme, de pouvoir doubler ce laps de temps tout en conservant des niveaux élevés de performances physiques et mentales. 
Jusqu’ici, les moyens dont on disposait pour produire des états d’insomnie se sont toujours accompagnés de déficits cognitifs et psychiques indésirables (un niveau de vigilance réduit, par exemple). Ce fut le cas avec l’utilisation généralisée des amphétamines dans la plupart des guerres du XX siècle, et, plus récemment, avec des médicaments tels que le Provigil. Sauf qu’il ne s’agit plus ici, pour la recherche scientifique, de découvrir des façons de stimuler l’éveil, mais plutôt de réduire le besoin corporel de sommeil. 
Depuis plus de deux décennies, la logique stratégique de la planification militaire américaine tend à éliminer la part dévolue aux individus vivants dans la chaîne de commandement, du contrôle et de l’exécution. Des milliards ont été dépensés afin de développer des systèmes de ciblage et d’assassinat robotiques ou télécommandés, avec les résultats consternants que l’on sait au Pakistan, en Afghanistan et ailleurs. Malgré les prétentions extravagantes qui fondent ces nouveaux paradigmes stratégiques et malgré l’insistance que mettent les analystes militaires à déprécier l’agent humain comme étant le « maillon faible » de ces systèmes opérationnels de pointe, le besoin, pour ces mêmes militaires, de disposer de grandes armées humaines n’est pas près de se tarir dans un futur proche. 
La recherche sur l’insomnie apparaît comme un élément parmi d’autres pour obtenir des soldats dont les capacités physiques se rapprocheraient davantage des fonctionnalités d’appareils et de réseaux non humains. À l’heure actuelle, le complexe militaro-scientifique investit massivement dans le développement de formes de « cognition augmentée » censées améliorer tout un ensemble d’interactions homme-machine. 
Dans le même temps, les militaires financent également d’autres secteurs de la recherche sur le cerveau, y compris le développement de drogues « antipeur ». Dans les cas où il ne sera pas possible d’utiliser des drones armés de missiles, on aura besoin d’escadrons de la mort, de commandos sans peur et sans sommeil pour des missions à durée indéterminée. C’est dans cette perspective que l’on a cherché à étudier les bruants à gorge blanche, en les coupant des rythmes saisonniers qui sont les leurs dans l’environnement de la côte pacifique : à terme, il s’agit d’imposer au corps humain un mode de fonctionnement machinique, aussi bien en termes de durée que d’efficacité. 
Comme l’histoire l’a montré, des innovations nées dans la guerre tendent nécessairement ensuite à être transposées à une sphère sociale plus large : le soldat sans sommeil apparaît ainsi comme le précurseur du travailleur ou du consommateur sans sommeil. Les produits « sans sommeil », promus agressivement par les firmes pharmaceutiques, commenceraient par être présentés comme une simple option de mode de vie, avant de devenir, in fine, pour beaucoup, une nécessité. 
Des marchés actifs 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, des infrastructures globales permettant de travailler et de consommer en continu – cela ne date pas d’hier ; mais c’est à présent le sujet humain lui-même qu’il s’agit de faire coïncider de façon beaucoup plus intensive avec de tels impératifs."
« Open 24/7 - Le Capitalisme à l'assaut du sommeil» de Jonathan Crary.

Sur le sommeil, voir aussi :
- "Conduire, dormir, conduire"
- "Une autre façon de ne pas bouger"
- "Indian Night Street"

Wednesday, September 24, 2014

ET SI LE POST-FORDISM C'ÉTAIT UN HOMME QUI NE SE FATIGUERA JAMAIS ?

Ci-dessus une image d'Aleksei Stakhanov, ce célèbre mineur qui fut fait héros du système soviétique dans les années 30 pour son dévouement au travail.

Ci-dessous deux images de ce à quoi pourrait ressembler les ouvriers du bâtiment dans quelques années si ceux-ci devaient s'équiper d'exo-squellete. 

Conçus au départ pour les militaires par Lockhhed-Martin, ces exo-squelettes Fortis  ont une seule vocation : réduire la fatigue physique des ouvriers pour qu'ils soient plus productifs. Voir "Et si c'était ... "

Ci-dessous deux images de la "chairless chair" conçu par Noonee dont est elle aussi de permettre une meilleur productivité des travailleurs.

Tout ceci n'est pas nouveau, cela fait plus d'une décennie que les Japonais travaillent sur ce genre d'exo-squellettes dont ils furent longtemps les seuls spécialistes - voir et

Ces prothèses sont une nouvelle facette du marché des wearable technologies qui sont en train de modifier peu à peu nos rapports au corps (), à la performance sportive () et au travail (). Ces prothèses sont donc, aussi, le visage d'un néo-stakhanovisme qui ne dirait pas son nom, mais dont le fondement idéologique - la production à tout prix - ne serait pas loin de celui inventé en URSS autour du personnage de Stakhanov.

Derrière ces appareils, le discours sous-jacent est, évidement, que demain pour être "performant" il ne nous suffira pas d'être connectés, il faudra en plus que l'on soit "prothésés"

L'une des autres grandes questions étant : demain, avec ce genre d'équipement, aurons nous le droit d'être fatigués ?

On est pas loin de "Sarif, our next world ?"

On en reparle vendredi matin, .

Tuesday, September 23, 2014

UN TAPIS ROULANT + UNE IMPRIMANTE 3 D = LE BUREAU DU FUTUR ?

Pour prolonger mon dernier post et mes récentes réflexions sur la notion de performance sportive et l'émergence du post-fordism, vous pouvez regarder  "Linus Torvalds Guided Tour of His Home Office".

C'est pas forcément très désirable ni très chaleureux comme ambiance, mais tous les ingrédients du post-fordism sont là : le bureau à la maison, le tapis roulant et l'imprimante 3D.

On est à la confluence parfaite de "Et si c'était le travail qui devait enfin révolutionner l'habitat ?" et de "Et si c'était Nike qui réinventait les imaginaires du bureau ?"

Monday, September 22, 2014

ET SI LE POST-FORDISM C'ÉTAIT UN HOMME QUI MARCHERA EN PERMANENCE ?

Pour faire un lien entre mes récentes réflexions sur le corps, la performance sportive et la fin du fordism.

L'une des caractéristiques du fordism est de réduire au maximum la mobilité des travailleurs en les maintenant à des postes fixes.

L'une des caractéristiques du post-fordism contemporain est, au contraire, de chercher à rendre les travailleurs les mobiles plus possible afin que ceux-ci puissent travailler partout et tout le temps. 

Sachant que tous les travailleurs n'ont pas vocation à être nomades et qu'une bonne part de la production industrielle et servicielle se fait encore aujourd'hui dans des conditions très fordistes, on peut se demander si afin que tous les travailleurs soient en permanence mobiles, l'idéal du poste de travail de demain ne serait pas un tapis roulant face à un ordinateur ? 

Cette "mobilité statique" (bel oxymore !!) ne serait non plus fondée sur la nécessité du déplacement professionnel au sens où on l'entend traditionnellement, mais sur la nécessité du mouvement afin de maintenir les travailleurs en forme et en éveil. 

Si cette nouvelle idéologie devait demain irriguer les imaginaires manageriaux, alors le "parfait travailleur du futur" pourrait ressembler à celui imaginé ci-dessous. Un actif hyper-connecté marchant sur son tapis comme un hamster dans sa roue. C'est terrifiant, mais c'est un mouvement déjà plus qu'émergent - voir "Et si c'était Nike qui réinventait les imaginaires du bureau ?"

Dans ce contexte, l'une des vraies questions sur l'évolution des conditions de travail pourrait être : et si demain la performance professionnelle était indexée sur la performance sportive ? 

En tout cas aujourd'hui tous les ingrédients sont là pour que pour se mette en place un tel système - voir "Quand la notion de performance sportive change de nature" et "Et si désormais il fallait regarder le monde sous ce prisme ?"

On en reparle ce vendredi lors de notre Atelier consacré à la notion de performance sportive.

Toutes les infos .

Pour ceux qui préfèrent penser le travail de demain allongé, voir "La performance couchée" et - surtout - "Couché".

Et de façon plus fondamentale : "Et si nous étions fatigués d'être mobiles ?"

Friday, September 19, 2014

L'ACTRICE PORNO ET LE SUPERHÉROS COMME SYMBOLES DU FORDISM ?

Pour faire un lien entre mes récentes réflexions sur le corps et sur la fin du fordism, lire ces quelques lignes du plasticien Gilles Barbier parues dans Arts Magazine en juillet dernier.
"Le superhéros est un personnage consternant. Non seulement il est coincé dans son copyright, mais en plus il est bloqué dans son rôle, comme une actrice porno. Le superhéros entretient avec l'actrice porno une relation cachée: on sait pertinemment comment ça se termine, il ne peut pas y avoir d'autre issue ! Il (comme elle) ne sait rien faire d'autre ! 
Je ne suis pas théoricien mais, pour moi, le superhéros, c'est un peu l'histoire du type super fort inventé à l'âge du Fordisme. Il a un truc à lui, c'est en général assez débile, mais il le fait bien, il le fait à fond, c'est son truc et il le fait tellement bien qu'il s'appelle un peu comme ce truc qu'il fait si bien. C'est mécanique."
J'avoue que j'avais jamais envisagé le fordism sous cette angle, mais en même temps on est dans le prolongement de "Sex et automobile: une simple histoire de mécanique ?"

Thursday, September 18, 2014

PISTORIUS SUR DES FOILS ?

Troublant la façon dont les rapports au corps et à la technique peuvent parfois se modifier très rapidement à partir d'objets conçus pour des utilisations très différentes, mais dont les formes, les matériaux et le résultat sont pourtant étrangement similaires - .

Wednesday, September 17, 2014

POST-FORDISM : LE KAYAK INUIT COMME MODÈLE ?

Dans la série "Ce sont quoi les nouveaux imaginaires du post-fordism ?"

La révolution post-fordiste ne va pas seulement être une révolution technique.

Ella va aussi - et surtout - être une révolution culturelle.

Elle va engendrer des modes de pensées et de conceptions radicalement nouveaux.

Les moteurs de ces nouvelles démarches de conceptions vont être de natures très différentes (économiques, techniques, écologiques, sociaux, culturels, ludiques, sportives, néo-luddites... ) et les produits qui sortiront de ces nouveaux process devraient prendre pour certains d'entre eux des formes aujourd'hui difficilement imaginables ().

Ce qui est certain aussi, c'est que le post-fordism devrait aboutir à une production ultra-personnalisée avec des produits totalement adaptés aux envies, aux besoins mais aussi au corps de l'individu qui l'acquerra.

Dans cette optique d'hyper-nidividualisation, je me suis demandé : 

Quel est aujourd'hui le moyen de transport pensé, conçu et construit autour des particularités du corps de celui qui va l'utiliser ?

La réponse la plus intéressante que j'ai trouvé est le kayak inuit fabriqué depuis plus de 4 000 ans et dont aucun modèle ne se ressemble à un autre, chaque kayak étant le reflet de la morphologie de celui qui l'utilise. 

Voila ce qu'on peut lire dans le très réjouissant "Le kayak anthropométrique " écrit par deux jeunes designers et d'où j'ai aussi pris les dessins qui illustrent ce post : 

(...) "Le constructeur utilisait un système de mesure personnel pour créer un kayak à la mesure de son propre corps. La longueur du kayak est égale à trois fois l’écartement de ses bras tendus (qui est égale à sa hauteur – cf. homme de Vitruve).

La largeur au niveau du poste de pilotage est déterminée par la largeur du « massiq » (la pièce de pont la plus large du bateau), équivalente à la largeur des hanches du constructeur additionnée d’un pouce à un poing en épaisseur ou en largeur. La profondeur du bateau est équivalente à la largeur d’un poing plus la longueur d’un pouce." (...) 

(...) "Les Inuits ne sachant pas nager, tomber à l’eau leur serait fatal (au choix : noyade ou hypothermie). La nécessité de « faire corps » avec son bateau prend alors tout son sens. 

Ainsi, après avoir chaviré, « faire corps avec » permet de se retourner en prenant appui – des pieds, des genoux, des hanches – sans avoir à sortir du bateau. Se mouiller au minimum permet ici d’augmenter ses chances de survie. (...) 

(...) Objet premier (et non primitif) car il est aujourd’hui construit, débarrassé des oripeaux du bateau de chasseur, mais perpétué et réinventé par de nombreuses communautés d’usagers à travers le monde.

“Il est à la fois objet racine (forme du Néolithique persistante) et objet repère (témoin d’évolution de pratiques et de techniques d’un peuple sur au moins 4 000 ans).” (...)

(...) L’implication du corps prend tout son sens dans ce processus. La forme se construit autour du corps, à la mesure du corps et en l’impliquant pleinement.(...)

Le texte est à lire in extenso est .

Il ouvre de très belles perspectives de réflexions notamment sur les nouvelles façons de penser les moyens de transports ultra personnalisés, plus light et plus sportifs du futur. On y reviendra très bientôt.

Ce texte est aussi, me semble-t-il, un lien parfait entre nos récentes réflexions sur le post fordism () et le prochain Atelier Transit City du 26 septembre organisé autour de la question "C'est quoi penser la performance sportive ?"